Oh les beaux jours

Samedi après-midi, les adhérents marseillais du CLEC (Cercle littéraire des écrivains cheminots) se retrouvent. Je relis l’invitation, rendez-vous corniche du président Kennedy, ligne de bus 83, arrêt La Fausse Monnaie. On fait pire comme lieu de rendez-vous… La ligne 83, un itinéraire idéal, du Vieux Port jusqu’au Stade Vélodrome, en longeant la corniche. Vous avez envie de visiter Marseille en une heure ? Ne prenez pas le petit train pour touristes, montez plutôt dans le bus 83 ! Ce que je fais précisément, lunettes Ray Ban sur le nez, sacoche à bandoulière sur l’épaule, attelée pour l’atelier d’écriture auquel je me suis inscrite. On dirait bien que la météo capricieuse de ces derniers jours s’est inspirée de Serena Williams et a déclaré forfait. La lumière méditerranéenne a repris son poste.

Le bus roule, on passe devant le Fort St Nicolas, le Pharo, les Catalans, Endoume. Je descends. La mer. On ne s’en lasse pas. Et comme à chaque fois que je la vois, je me dis que je n’en profite pas assez, que je devrais y aller plus souvent. Surtout hors saison. Là, c’est grande affluence, la génération Y et une partie de la génération Z a enfilé un short en jean, un t-shirt, chignon flou pour les filles et s’est installée sur les criques et les roches plates pour chiller.

Sans trop d’effet de surprise, le thème de cet atelier nous est annoncé par Denise, notre animatrice : LA MER. Je sors mon cahier Moleskine de ma besace, les participants fixent le grand bleu, certains appliquent au préalable une crème solaire sur leur peau sensible au soleil, la génération Y saute dans l’eau du haut d’un rocher, baskets aux pieds. Et moi, toujours, lunettes solaires Ray Ban sur le nez.

Écrivons. Je ressors un souvenir d’enfance, les colonies de vacances au bord de l’Adriatique, l’alignement millimétré des plages privées. Un format qui déjà en ce temps-là, lorsque j’ai sept ou huit ans, m’interpelle. J’imagine la mer autrement. En fait, à ce moment-là, ce que je ne sais pas encore, c’est que je préfère l’esthétique irrégulière des plages françaises de l’Atlantique.

On écrit et on déambule le long de la corniche. On discute aussi. Heureuse nouvelle. Notre amie Marie-Bernard a publié ses chroniques « L’instant philo » aux éditions Boleine. Encore un peu de crème solaire pour les peaux claires. Qui à pied, qui par la ligne 83, on repart en direction du Vieux Port, boisson fraîche au bar du New Hôtel et lecture des textes. À travers les enceintes de la sono, on entend Ancora d’Eduardo De Crescenzo, comme un écho à ma plage de colonie de vacances.

Après cette lumineuse après-midi d’écriture, je reste sur le Vieux Port, Perrier rondelle de citron sur la terrasse de la Samaritaine. De là, on voit le Kismet, un grand yacht privé de 95 mètres de long ayant accosté la veille. Piscine avec cascade, sauna, jacuzzi, deux plates-formes pour hélicoptère, dont l’une convertible en terrain de basket. Un tas de prestations dont je n’aurai cure, étant donné mon incurable mal de mer. Au programme de cette fin de journée pas de soirée jet-set/champagne. Juste un petit verre de Chardonnay au cours Julien, à côté du théâtre du Carré-Rond, en attendant l’heure de la pièce de théâtre de Samuel Beckett, Oh les beaux jours.

Je regarde mes avant-bras, j’ai attrapé un coup de soleil…

« Quel beau jour encore… pour moi…ça aura été. » Oh les beaux jours, Samuel Beckett

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