Billet d’humeur, Tout est dans le blush !

J’ai fait du tri dans ma trousse de maquillage, remplacé mes produits trop connotés Gen X par des trucs tout roses, tout neufs, plus Gen Z. J’ai acheté le pinceau pour ceci, le pinceau pour cela et puis finalement, je fais tout au doigt. Surtout pour appliquer le blush ! Mon blog et moi, we were on a break. Pourquoi ? Parce que la lumière bleue des écrans, c’est très mauvais pour le teint ! J’ai pris largement plus que la dose journalière recommandée avec les tableaux croisés dynamiques et autres joyeux clics (I am the Queen of Excel !). Si l’âge du droit à la retraite se comptait en nombres de clics, je serais déjà en train de lire L’Infinie Comédie de David Foster Wallace sur un transat en buvant un Cosmopolitan et en réfléchissant au principe d’incertitude d’Heisenberg.

Et qu’est-ce que j’ai fichu alors sans mon blog, outre remettre au goût du jour mon make up ? Ça me donne envie de chanter Call me when you break up, le dernier morceau très pop de Selena Gomez sorti hier. J’esquive la question, je sais. Mais c’est vrai, j’ai envie de chanter. Et puis que voulez-vous que j’écrive ? Que j’ai regardé un tas de trucs sur Netflix. Que les oeuvres de Matisse sont tombées dans le domaine public, quel est le rapport ? aucun mais ça c’est passé pendant le break. Que j’ai beaucoup joué du piano, surtout mon morceau favori, l’Impromptu de Schubert No 3. Que j’ai aussi chanté, moins de rock, plus de pop ! Que les amis, c’est mieux que les écrans. Que APT est dans ma playlist, quel est le rapport ? aucun mais je préfère être franche avec vous. Faisons simple, j’ai troqué l’écriture contre des mélodies. Et les grands écarts que je suis capable de faire en tant que lectrice s’appliquent à la musique !

Mais voilà, depuis quelques temps, la démangeaison littéraire me reprend. L’envie de rallumer l’ironie et l’auto-dérision de Louise Adèle refait surface comme un blush sur mes joues. Et puis je me suis fait gronder ! Imaginez, au salon du livre de Toulon j’ai eu droit à « Mais qu’est-ce que tu fous Louise Adèle, comment ça t’écris plus !  » Je n’ai pas su répondre à la question Qu’est-ce que tu fous. Le rouge m’est monté aux joues, mais je suis rentrée chez moi convaincue que la pause était terminée. Stefan Zweig a écrit que la pause fait partie de la musique.

Depuis, j’ai instauré un très sérieux protocole de redémarrage d’écriture. Tous les matins, jus d’orange pressé manuellement au presse-agrume Starck parce que c’est plus rapide qu’au robot Moulinex. Finalement c’est un peu comme l’histoire des pinceaux pour le maquillage. En vérité, le jus d’orange c’est surtout car je flippe à l’idée de chopper la grippe, néanmoins la vitamine C est très bonne pour le teint. Quel est le rapport avec l’écriture ? aucun mais c’est dans le protocole. Ensuite, on en revient à ma fameuse nouvelle trousse de maquillage. Parce que vous pensez que j’écris des choses comme ça, juste parce qu’elles me passent par la tête ? Donc, trousse de maquillage Gen Z. Devant la glace je me dis, y’a du taf. Base de teint, un bon début. Anti-cernes, indispensable antidote aux overdoses de lumière bleue. Mais cela reste pâlichon tout ça. Crayon, mascara, le pétillant rapplique. Rouge à lèvres, ah voilà ! Il manque cependant ce Je ne sais quoi pour que le protocole de redémarrage fonctionne. Je prends le boitier rond, l’ouvre, passe un doigt sur le bombé de la teinte rose que des marketeurs avisés ont nommée Happy, je tapote progressivement mes joues, ça y est, j’ai l’air frais de celle qui va réussir sa vie ! Le protocole fonctionne, la preuve en est ce billet d’humeur pop acidulé. Finalement, je m’en doutais ! Tout est dans le blush !

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