Mais qui cuisine ? ;-)

Souvent, dans mes écrits, j’ai pour petite manie d’intégrer des accessoires littéraires plus qu’improbables. Il y a deux ans, l’une de mes nouvelles obtenait le premier prix du concours de nouvelles du Cercle Littéraire des Écrivains cheminots, cf Week-end parisien pour mes premiers prix littéraires. J’avais pris pour cible ni plus ni moins qu’un Thermomix. On est assez loin de la Madeleine de Proust… Mais cet angle d’attaque un brin décalé pour soutenir une histoire d’injonction normative du mariage avait rencontré son petit succès au sein du jury.

Il faut dire qu’à l’époque, les robots multi-fonction avaient suscité mon intérêt. Quand j’écris mon intérêt, je veux dire par là que je cherchais une baguette magique me dispensant de tâches domestiques, sans pour autant cribler le corps de mes proches de produits transformés bourrés de glucides, de lipides d’origine indéterminée et d’émulsifiants criblés de E n’ayant jamais entendu parler de La Disparition de Georges Perec. Inutile de préciser que la magie n’opéra guère. Surtout au moment où je pris connaissance du budget à considérer pour l’acquisition de l’objet magique.

Petite enquête rondement menée, j’avais aussi appris que le Thermomix, c’était super, que tous ceux qui l’avaient dans leur cuisine me disaient « C’est bien, tu peux faire des sorbets » … Je me suis dit que, hum, 1200 euros pour faire des sorbets, c’était un peu cher, surtout quand on n’aime pas les sorbets et à la place, je suis partie m’acheter deux bouquins de cuisine « Simplissime ».

Mais ça c’était avant ! Avant que Lidl, ce petit artisan du coin vendant des produits locaux à l’empreinte carbone infinitésimale, ne transforme sa citrouille aux OGM en carrosse et nous propose un robot cuiseur presque au quart du prix du Thermomix ! Une première production limitée de l’objet de toutes les convoitises avait créé le buzz durant l’été. Et voilà qu’on nous annonce une nouvelle salve en magasin à partir du deux décembre ! L’objet en question portant le nom, j’ai oublié de le préciser, de Monsieur Cuisine.

Malgré l’annonce philosophique de Lidl « Les premiers arrivés seront les premiers servis », je n’ai pas poussé le vice jusqu’à faire la queue à l’ouverture du magasin ce matin. Je veux bien faire ce genre de choses, arriver à l’ouverture et faire des heures de queue, mais pour un truc qui vaut vraiment la peine comme la dédicace d’un écrivain fétiche, des billets pour l’opéra ou une expo d’Edward Hopper au Grand Palais, pas pour un robot cuiseur !

Alors j’ai mandaté mon Monsieur Cuisine pas des masses, je veux dire le vrai hein, pas le cyber robot. Et mon prince, dès l’aube, avant que sonnent les douze coups de la rupture de stock, a chevauché son cheval blanc, bravé les embouteillages, passé la porte du château fort Lidl, est monté jusqu’au donjon des robots multi-fonction et s’est emparé de l’un des derniers cartons gisant encore sur les palettes.

L’énorme carton trône maintenant dans notre salon. Dans les tous prochains jours, nous procéderons à une séance d’unboxing non filmée, nous tenterons de comprendre le fonctionnement de l’objet connecté, nous l’installerons dans notre cuisine aménagée et puis observant la bête cybernétique, nous nous dirons sous cape Bon ben maintenant, qui cuisine ? 😉

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